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28 février 2021


Un instant de réflexion dans la pandémie

Le 5 mars 2021 marquera une année depuis le décès de la première victime du Covid-19 dans notre pays. Plus de 9000 ont suivi. Ce sera l’occasion de leur consacrer un instant nos pensées en sonnant les cloches à midi et en gardant une minute de silence.

Quand mon père est tombé malade au début de la pandémie, en même temps que d’autres membres de ma famille, j’ai eu un moment d’arrêt. A l’époque, les effets du Covid-19 étaient encore mal connus. On savait qu’il pouvait être mortel, tout particulièrement pour les seniors et les personnes déjà atteintes dans leur santé. Mais les incertitudes sur son évolution et son impact étaient encore nombreuses. Dans le cas de mon père, qui jouit d’une excellente forme, l’issue a été heureuse, comme d’ailleurs pour tous mes autres proches. J’ai rapidement pu à nouveau me consacrer de toutes mes forces à la résolution de la crise sanitaire et de ses conséquences, aux côtés des autres membres du Conseil fédéral et de toutes les personnes qui participent à ces efforts.

Ma famille a eu de la chance, mais cela n’a pas été le cas de tout le monde. Il y a un an, le 5 mars 2020, le virus emportait sa première victime. Plus de 9000 autres ont suivi. C’est le moment de marquer un temps d’arrêt pour leur consacrer notre pensée, ainsi qu’aux personnes à qui ils manquent.

Je l’étends aussi à ceux qui sont actuellement malades et à ceux qui souffrent de séquelles et doivent lutter chaque jour pour récupérer toutes leurs facultés. Pensons aussi à ceux qui les soutiennent dans ce combat, la famille, les amis et le personnel soignant.

Pour marquer ce moment, j’appelle toutes les églises de Suisse à sonner leurs cloches le vendredi 5 mars prochain à midi, j’appelle l’ensemble des habitants de notre pays à observer une minute de silence à la mémoire de ceux que la maladie nous a enlevés durant cette année.

e souhaite toutefois que cela ne soit pas seulement un moment de tristesse. Je formule le vœu que ce soit aussi l’occasion pour chacun de nous de puiser de la force dans la solidarité et l’amitié, dans ces réconforts qui nous permettent d’aller de l’avant et de poursuivre les tâches que la vie nous assigne.
Tous ensemble, pas à pas, nous vaincrons la pandémie pour que cette année ne soit qu’un mauvais souvenir.

Guy Parmelin, président de la Confédération

L’accord avec l’Indonésie ne se résume pas à l’huile de palme

Les débats de ces dernières semaines donnent l’impression que l’accord de commerce avec l’Indonésie sur lequel nous votons le 7 mars se limite à l’huile de palme. Cela donne une image faussée de cet accord. Nous votons en réalité sur un accord de partenariat économique et commercial global, qui créera de nouvelles opportunités pour de nombreux secteurs de notre économie et dont l’ensemble du pays bénéficiera. L’huile de palme ne doit pas occulter ces chances, d’autant plus que la question est parfaitement réglée dans l’accord. Dans ce contexte, il me parait donc indispensable de rappeler quelques données de base.

La moitié de la population de l’Indonésie a moins de trente ans. L’urbanisation et la classe moyenne progressent année après année. Avec plus de 270 millions d’habitants, c’est le 4e pays le plus peuplé du monde. Il occupe une surface qui équivaut à 46 fois la taille de la Suisse. Avant la crise du Covid-19, l’Indonésie connaissait une croissance enviable de 5% par an, et les pronostics promettent une reprise rapide. Après la Chine, c’est la deuxième économie la plus dynamique au monde. L’Indonésie est ainsi en bonne position pour devenir la septième puissance économique mondiale d’ici 2030 et peut-être la cinquième d’ici 2045.

Dans un pays en plein essor, qui ambitionne de devenir une grande puissance économique, les marchés pour notre industrie électromécanique sont particulièrement prometteurs. Le changement rapide des habitudes de consommation de la nouvelle classe moyenne ouvre entre autres des perspectives à notre industrie horlogère et alimentaire.

Par ailleurs, contrairement à ce que nous pouvons croire, cela ne bénéficiera pas seulement aux grandes entreprises. Une récente étude du Secrétariat d’Etat à l’économie SECO montre clairement que ce sont avant tout les petites et moyennes entreprises de moins de 250 collaborateurs et collaboratrices qui bénéficient des accords de libre-échange (ALE). En 2019, les PME ont ainsi évité plus d’un milliard de francs de charges sur les importations grâce aux ALE (I).

Dans l’équation indonésienne, l’huile de palme représente moins de 0.1% de nos échanges. Les concessions limitées faites par la Suisse dans ce domaine n’auront pas d’effet sur nos huiles locales. Les importations en provenance d’Indonésie pourraient augmenter avec la ratification de l’accord, mais ce sera sans doute au détriment d’autres exportateurs d’huile de palme qui, eux, ne sont pas soumis aux mêmes règles de durabilité que nous avons négociées avec l’Indonésie. Dans tous les cas, l’accord ne conduira pas à une augmentation des importations totales d’huile de palme en Suisse. L’usage de l’huile de palme dans notre pays et ses importations continuent en effet de diminuer chaque année. L’accord avec l’Indonésie ne changera pas cette tendance.

Si je peux comprendre la préoccupation de certains milieux et secteurs par rapport à ce produit, il s’agit toutefois de l’arbre qui cache la forêt. En période de campagne de votation, la politique tend à se focaliser sur un ou deux thèmes au détriment de tous les autres. Mais dans ce cas précis, j’invite les citoyens et les citoyennes à considérer, outre les nouvelles garanties de durabilité sur l’huile de palme, les perspectives globales qu’offre cet accord à notre économie. Nous en aurons certainement besoin lorsque la crise du Covid-19 sera derrière nous et qu’il sera nécessaire d’en assumer les conséquences économiques.

Guy Parmelin, Président de la Confédération

(I) https://www.seco.admin.ch/seco/de/home/seco/nsb-news.msg-id-82308.html

     Executive Summary weiterführende Analysen HSG (PDF, 564 kB, 25.02.2021) (Disponible en allemand uniquement)


15 décembre 2020


La cohésion, forte de notre diversité, valeur clé de ma présidence

J’ai choisi de placer mon année présidentielle en 2021 sous le signe de la cohésion. Une cohésion qui tire sa force de la diversité de notre pays, qu’elle soit culturelle, linguistique ou sociale.

Cette diversité a toujours été un des grands atouts de notre pays. Grâce à elle, nous avons appris à écouter, à échanger et à prendre des décisions ensemble. Dans une population diverse, l’ordre social ne peut naître que si nous sommes prêts à nous respecter les uns les autres et si les minorités ont voix au chapitre. Notre politique de consensus est née de nos différences.

Au cours de son histoire, la Suisse a su construire peu à peu la culture et les institutions qui permettent notre politique de consensus et faire naître la cohésion. C’est un bien précieux, et c’est la première raison qui m’a incité à choisir ce thème comme fil conducteur de mon année présidentielle.

Il y a aussi une autre raison, moins réjouissante, pour ce choix. La pandémie que nous vivons a plongé notre pays, comme l’ensemble de la planète, dans une crise sans précédent. Dans nos efforts pour la combattre, nous touchons sans cesse à l’essence même de la politique : les pesées d’intérêts, les choix douloureux et les décisions souvent imparfaites. Mais c’est le rôle et la mission du Conseil fédéral de les prendre et j’assume ma part dans ce difficile travail de notre collège.

Malgré nos efforts pour tendre la main à tous, certains se sentent abandonnés. Cette crise frappe durement et de façon inégale, ce qui suscite désorientation, craintes et rancœurs. Les réseaux sociaux, avec lesquels nous devons encore apprendre à vivre, tendent à amplifier les problèmes en y ajoutant encore leur lot de « fake news ». Les conflits deviennent plus virulents et la tolérance pour les opinions différentes diminue.

C’est la deuxième raison qui fait que j’ai choisi de placer mon année présidentielle sous le signe de la cohésion, y compris sur les médias sociaux. C’est ensemble et seulement ensemble que nous pouvons vaincre l’adversité, c’est ensemble que nous devons gagner.
Si nous réapprenons la valeur de notre diversité et des débats qu’elle alimente, de tout ce qu’elle permet de mettre en commun pour résoudre nos problèmes du moment, la moitié du travail est déjà faite.

Il est certes encore difficile de dire maintenant si nous pourrons répondre à tous les défis qui nous attendent durant l’année qui vient. L’aggravation momentanée que nous vivons dans le domaine sanitaire contribue une nouvelle fois à semer le désarroi. Mais les nouvelles de ces dernières semaines sur le front des vaccins doivent nous inciter à garder notre optimisme et à affronter l’avenir avec confiance. Je vous y invite et vous souhaite de belles fêtes de fin d’année et surtout bonne santé.

Guy Parmelin, conseiller fédéral


1 novembre 2020


Journées suisses du digital : avec la numérisation contre le Covid-19

Imaginez la crise sanitaire qui nous frappe actuellement, sans la numérisation !

Que ferions-nous ? Sans avoir de nouvelles de nos proches, sans pouvoir travailler à distance ni faire des achats par ordinateur ou smartphone interposé. Les conséquences économiques de la pandémie seraient encore bien plus graves qu’elles ne le sont aujourd’hui et pour beaucoup plus de gens.

Qui connaissait la vidéoconférence via Zoom ou Skype, il y a un an ? Très peu d’entre nous.

Qui avait déjà élaboré de grands projets très complexes sur des plateformes communes ? Tout au plus peut-être les collaborateurs d’entreprises de haute technologie.

Qui aurait pu imaginer qu’en pleine pandémie, nous pourrions maintenir l’économie à flot malgré un semi-confinement ? Que nous pourrions conduire les affaires du gouvernement en mode virtuel ? Que nous pourrions exécuter bon nombre de tâches grâce aux nouvelles possibilités offertes par la technologie ?

Tout cela, grâce à la numérisation, à l’internet et aux nouvelles technologies.

Sans les moyens de communication modernes, admettons-le, nous jugerions peut-être la situation avec un peu plus de calme et d’objectivité. Nous n’aurions pas à suivre toutes les théories du complot qui se propagent dans les médias sociaux.

Mais, pour ma part, je suis très heureux que la Toile me permette d’accéder à une foule d’informations factuelles et objectives. Pour bien s’informer, il faut naturellement du bon sens, un esprit critique et une solide culture générale. Même si l’hystérie l’emporte parfois sur les réseaux, la plupart de nos concitoyens ont fort heureusement le bagage nécessaire pour faire la part des choses. Nous vivons en Suisse, le pays des pragmatiques indépendants.

Bien sûr, il faut aussi savoir s’y prendre avec les nouvelles technologies. Nous devons encore apprendre à nous adapter à ce monde nouveau du numérique. Nous devons savoir ce que les nouvelles technologies peuvent nous offrir, faire nos expériences et apprendre à les utiliser.

Aux prémices de l’industrialisation, au 19e siècle, nos sociétés étaient également face à un long et difficile processus d’apprentissage. Il en va de même aujourd’hui avec la numérisation. Le processus suscite également des craintes. Il n’est qu’à songer aux polémiques sur la 5G. Mais nous ne tarderons pas à nous rendre compte qu’il sera impossible de faire l’impasse sur cette technologie.

Contrairement au 19e siècle, nous sommes un peu plus conscients de ce que l’avenir nous réserve. Nous sommes mieux préparés pour relever les défis. Grâce aux Journées suisses du digital, notre pays dispose également d’un forum qui nous permet de découvrir notre avenir numérique et de débattre des opportunités et des dangers qu’il recèle. Que les organisateurs en soient vivement remerciés.

Avec de grands thèmes liés à la mobilité, à la démocratie, à la sécurité, à la formation ou à la santé, les Journées suisses du digital donnent à nos concitoyens l’occasion de s’informer, de se forger une opinion et de contribuer ainsi, en tant que membre de notre société, à façonner notre avenir. Aussi, je tiens également à remercier tout un chacun qui prendra part à cette manifestation, virtuellement ou en personne. Je vous souhaite beaucoup de plaisir à tous.

Guy Parmelin, conseiller fédéral
 


7 juillet 2020


La Suisse à l’épreuve du Covid-19 : de bonnes raisons de rester optimiste

La Suisse à l’épreuve du Covid-19 : de bonnes raisons de rester optimiste.

La pause d’été approche et c’est le moment de faire un premier bilan de cette année pas comme les autres. Sur le front de la pandémie, une première bataille a été remportée, mais la guerre est loin d’être gagnée. Elle ne le sera sans doute que lorsque nous disposerons d’un vaccin efficace qui permette d’immuniser la plus grande partie de la population. De nouvelles méthodes thérapeutiques et de dépistage sont aussi en cours d’élaboration. Nos chercheurs, tant du secteur public que privé, y travaillent d’arrache-pied, en collaboration avec la communauté scientifique mondiale. Le Conseil fédéral a lancé en avril le programme national de recherche PNR Covid-19 doté de 20 millions de francs pour financer et coordonner les efforts de recherche. Je suis confiant que cette coopération internationale portera tôt ou tard ses fruits.


La situation est plus délicate dans le domaine économique. Les mesures décidées par le Conseil fédéral ont permis d’absorber le premier choc. L’indemnisation pour les réductions d’horaire de travail, les crédits transitoires cautionnés par la Confédération et les aides passant par l’Assurance perte de gain ont permis aux chefs d’entreprise de ne pas céder à la panique. Je suis heureux de constater que les employeurs s’efforcent de préserver les postes de travail en recourant aux mesures décidées par le Conseil fédéral. Je suis tout particulièrement satisfait de voir que les entreprises formatrices continuent d’offrir des places d’apprentissage en dépit du ralentissement économique. Cela nous assure les professionnels de demain et des perspectives pour nos jeunes.


Depuis que le Conseil fédéral a décidé de lever une grande partie des mesures, la reprise économique est manifeste, en particulier dans le domaine des services. L’ambiance reste cependant plus morose dans le domaine de l’industrie. Certaines annonces de l’étranger, comme celle d’Airbus de supprimer 15'000 emplois suscitent l’inquiétude. Des entreprises suisses sont parmi les fournisseurs de l’entreprise. Des répercussions seront donc inévitables et ce ne sera sans doute pas la seule annonce du genre. Le Secrétariat d’Etat à l’économie suivra l’évolution de près et tiendra le Conseil fédéral informé de la situation.


Les entretiens que j’ai eu ces dernières semaines avec des représentants des entreprises et les organisations syndicales me rendent optimiste. Le partenariat social fonctionne, toutes les parties sont conscientes de leurs responsabilités. En définitive, le système suisse, pragmatique, économe de ses ressources et tablant sur la responsabilité de chacun semble une fois de plus faire ses preuves, même si des mois difficiles nous attendent encore. Les bonnes solutions seront dégagées par un débat public ouvert et mises en œuvre avec notre sens traditionnel du compromis. Nous devons poursuivre sur cette voie et renforcer encore notre collaboration tant dans le pays qu’avec nos partenaires étrangers et éviter les expériences hasardeuses qui seraient inspirées par les passions du moment.

Ma rencontre lundi dernier avec le ministre allemand de l’Economie et de l’Energie Peter Altmaier, qui constitue aussi un retour à plus de normalité, m’a encore une fois prouvé que les problèmes ont la plupart du temps des ramifications internationales. Nous pouvons seulement les affronter en bonne intelligence. Nous devons donc préserver cet esprit.

En dépit des temps agités que nous vivons, j’espère que vous aurez la possibilité de vous ressourcer (autant que possible dans notre beau pays) et que vous reviendrez tous de cette pause estivale prêts à relever les défis qui nous attendent tous. Et n’oubliez pas : respectez la nouvelle étiquette que nous imposent ces temps si particuliers. Gardez vos distances, lavez-vous régulièrement les mains et portez un masque dans les transports publics et dans les situations où une trop grande proximité ne peut être évitée. Bel été !

Guy Parmelin, conseiller fédéral

 


2 juin 2020


L’autarcie n’est pas un paradis bucolique

L’autarcie n’est pas un paradis bucolique

Alors que le pays retourne progressivement à la vie, les dernières statistiques de l’Administration fédérale des douanes (lien) pour le mois d’avril constituent une lecture angoissante. Nos exportations dans le domaine de la bijouterie, de la joaillerie et de l’horlogerie ont chuté de plus de 70 %. Celles des produits chimiques et pharmaceutiques ont diminué de 4,8 % et celles du secteur des machines et de l’électronique, de 4,5 %.

Les instruments de précision et les métaux accusent quant à eux respectivement un repli de 18,2 % et 13,1 %. Au total, nos exportations ont reculé de plus de 10 % en moins d’un mois, perdant 2,2 milliards par rapport au mois précédent. Le coup de frein provoqué par la pandémie de coronavirus est spectaculaire : nos exportations vers la France et l’Italie sont au plus bas depuis 20 ans, alors que nos importations sont retombées à leur niveau de 2005.

Pour notre économie, qui assure une bonne partie de notre prospérité grâce aux exportations, cette situation est dramatique. Je l’avoue, il y a dans ces nouvelles de quoi priver de sommeil tout ministre de l’Économie qui a quelque sens de ses responsabilités.

La panique est toutefois mauvaise conseillère. La fin progressive des restrictions et la reprise des affaires aussi rapide et large que possible, dans le respect des mesures de précaution et d’hygiène indispensables, est à ce stade notre meilleure chance. Le Conseil fédéral a aussi décidé d’avancer certains projets d’investissement pour soutenir l’activité économique du pays. Afin de pouvoir mieux encaisser à l’avenir des chocs imprévisibles comme celui que nous venons de subir, nous devons aussi réfléchir comment rendre notre économie plus résiliente.

Le secteur financier s’est livré à cet exercice après la crise de 2008. Cela lui a permis d’être en mesure de mobiliser rapidement et sans trembler les liquidités nécessaires pour appuyer les mesures de crédit du Conseil fédéral en faveur de nos entreprises bousculées par le COVID-19.

Mais il ne faut pas faire d’erreur : rendre notre économie plus robuste ne signifie pas barricader le pays. Ceux qui préconisent de rapatrier la production à la suite des couacs d’approvisionnement du début de la crise se trompent de cible. L’autarcie n’est pas le paradis bucolique que certains se plaisent à imaginer. Cela n’a pas de sens de fabriquer des biens à faible valeur ajoutée dans un pays aussi avancé que le nôtre.

Au contraire, nous devons, d’une part, renforcer notre collaboration avec nos partenaires afin d’immuniser autant que possible les chaînes de valeur mondiales contre les réflexes nationalistes et, d’autre part, développer encore notre réseau d’accords de libre-échange en cherchant de nouveaux partenaires assurant des avantages mutuels. Nous diversifierons ainsi notre approvisionnement et renforcerons nos chances de retrouver dans un avenir proche des acheteurs pour nos produits industriels à haute valeur ajoutée. Notre prospérité dépend de cette approche ouverte et raisonnable.

Guy Parmelin, conseiller fédéral


15 mai 2020


Reprendre pied en préparant nos vacances en Suisse

La Suisse semble encore toute étonnée de retrouver des activités plus normales après des semaines de confinement. Nos rues restent clairsemées. La fréquentation des transports publics, des magasins et des établissements publics est encore modeste. Bien sûr, nombreuses sont encore les personnes qui poursuivent leurs activités professionnelles depuis leur domicile, par le biais du télétravail. Pas de pause bistrot pour eux.

D’un côté, il faut certainement saluer la prudence proverbiale de nos concitoyennes et concitoyens. Ils veulent à tout prix éviter une seconde vague de contamination dans notre pays. Il faut en effet tout faire pour éviter une recrudescence de la maladie.

D’un autre côté, nos commerçants, restaurateurs et entrepreneurs sont inquiets quant à leur avenir. Pour l’instant, pour un grand nombre d’entre eux, la reprise de leurs activités se fait à perte alors que les compensations des APG prennent fin. Ils craignent pour leur futur.

Je les comprends. Ceci d’autant plus qu’ils ont souvent consenti d’importants efforts pour aménager leurs cafés, leurs magasins et leurs ateliers afin que leurs employés puissent travailler en toute sécurité et leurs clients revenir sans risque excessif.

La prudence reste de mise, mais nous devons reprendre confiance. Le Conseil fédéral a toujours visé à aplanir la vague des contaminations afin d’éviter que notre système de santé ne soit débordé. Cet objectif est atteint. Mais nous ne pouvons attendre que le virus disparaisse totalement. Nous devons apprendre à vivre avec lui.

Nous devons surtout nous remettre à vivre, fréquenter nos boutiques, nos terrasses, reprendre notre vie sociale et économique dans le respect des règles de distanciation sociale et d’hygiène. C’est parfois insatisfaisant, mais l’avenir de notre pays dépend de notre capacité à nous adapter à la nouvelle situation.

Nous devons à nouveau préparer l’avenir, par exemple en planifiant nos vacances. Les possibilités restent limitées. Les frontières s’entrouvrent seulement. Mais c’est l’occasion de redécouvrir la Suisse et de la faire découvrir aux jeunes et aux enfants. Cela nous permettra de renouer avec notre pays, sa beauté naturelle, la richesse de son histoire et son infinie capacité de s’adapter à toutes les vicissitudes de l’existence.

En nous aventurant pour une fois sur la Riviera vaudoise au lieu des côtes méditerranéennes, à Bâle et à Genève au lieu de Berlin ou Paris, dans les Alpes au lieu des Montagnes rocheuses, nous contribuerons tous à ce que nos entrepreneurs, nos hôteliers et nos restaurateurs reprennent pied et confiance. Ils en ont besoin. Le pays en a besoin. Nous en avons tous besoin.

Guy Parmelin, conseiller fédéral


7 mai 2020


Déconfinement: reprenons confiance dans l’action

Une crise impose ses propres rythmes. C’est la raison pour laquelle je n’ai plus fait usage de ma « Ligne directe » depuis le 10 mars. Mais c’est justement durant une crise qu’un gouvernement doit expliquer de la façon la plus détaillée son action. Le Conseil fédéral l’a fait au cours de conférences de presse marathon au cours desquelles les représentants des médias ont pu poser toutes les questions qu’ils souhaitaient. Mais je souhaite poursuivre l’habitude que j’ai prise de vous adresser de temps à autre directement quelques lignes.

Rester maître de son temps est un des impératifs des situations d’urgence. Un autre, c’est sortir de sa bulle, parler aux gens pour comprendre leur situation, leurs besoins et leurs craintes, mais aussi leurs espoirs. J’ai pu le faire en visitant ces dernières semaines l’Office de l’assurance chômage de Berne, un chantier à Ostermundigen, un garden-center, une entreprise de biotechnologies, un hôtel et une ferme en pleine récolte d’asperges. J’ai ainsi pu avoir un petit aperçu des défis très divers qu’affrontent nos entreprises et leurs employés.

Les entretiens que j’ai eus avec les partenaires sociaux, les représentants des branches et de nombreux élus cantonaux et fédéraux, ont complété le tableau. Les innombrables lettres et les courriels que j’ai reçus m’ont aussi permis de sentir comment la crise était vécue par nos concitoyennes et concitoyens dans le pays et comment l’action du Conseil fédéral était perçue. C’étaient des lectures souvent touchantes, parfois poignantes, mais aussi plus d’une fois très encourageantes. De ce courage, nous en aurons besoin.

Ne nous faisons pas d’illusions. Notre économie va encaisser un choc. Je suis certes persuadé que de nombreux secteurs et branches reprendront rapidement leur souffle et rattraperont même une partie de leurs pertes. Mais certains autres ne pourront jamais refaire leur manque à gagner. Les nuitées perdues, les vols annulés et les événements supprimés le sont pour toujours. Les secteurs de la gastronomie, du tourisme et du divertissement sont probablement les plus touchés et cela pour plus longtemps que d’autres. La question de la reprise de l’économie mondiale pèse sur nos industries d’exportations. Le secteur des conseils personnalisés et du bien-être, dont les modèles d’affaires sont souvent fragiles, va être bouleversé.

Mais se laisser paralyser par l’inquiétude n’apporte rien. Il faut aller de l’avant. Le pays fait actuellement ses premiers pas pour sortir du confinement. Cela demande prudence et vigilance. Nous ne devons pas baisser la garde trop vite. Mais le fait de pouvoir reprendre des activités professionnelles et économiques permet de regagner confiance et reconstruire l’avenir du pays. Merci à tous ceux qui s’y engagent avec détermination, mais aussi avec un sens aigu des exigences du moment. Nous gagnerons en restant unis.

Guy Parmelin, conseiller fédéral


10 mars 2020


Coronavirus : des aides ciblées grâce au chômage partiel

L’épidémie de coronavirus a des répercussions directes sur l’ensemble de notre économie. Dans le pays, les secteurs du tourisme, de la culture et de l’événementiel sont particulièrement touchés. L’industrie d’exportation et le transport aérien sont exposés au ralentissement des échanges commerciaux internationaux.

Des voix s’élèvent pour réclamer de la Confédération des soutiens pour les domaines les plus touchés. Ma rencontre de jeudi dernier avec les partenaires sociaux, les représentants des secteurs concernés et les cantons m’a clairement montré que dans la situation actuelle, un programme conjoncturel n’est pas opportun. Les situations sont trop diverses pour que des aides générales produisent les effets escomptés.

Cela ne veut cependant pas dire que la Confédération reste les bras ballants devant la situation très difficile qui se développe dans certains secteurs. Nous avons rapidement accordé la possibilité de demander des indemnités de réduction de l’horaire de travail. A la fin de la semaine dernière, quelque 93 entreprises ont fait la demande pour environ 3000 emplois, selon les premiers chiffres communiqués par les cantons au SECO. Mais ils sont encore incomplets. Nous nous efforçons actuellement de réduire la bureaucratie de ce système afin de faciliter des réponses rapides. Le chômage partiel est actuellement le meilleur instrument dont nous disposons pour apporter une aide ciblée aux entreprises qui en ont besoin et pour maintenir les emplois.

Pour certaines professions particulièrement exposées comme les musiciens, les acteurs et les artistes, les périodes de cotisations à l’assurance-chômage sont doublées pour les périodes d’emploi où ils sont au bénéfice d’un contrat de travail. D’autres mesures sont à l’étude et nous ne perdrons de vue aucun secteur.

Je suis convaincu que l’économie suisse et la Confédération disposent des ressources et de la résilience nécessaire pour traverser cette période difficile. Cette crise, par son ampleur et ses conséquences va nécessiter de notre part des efforts d’adaptation considérable. Il faut impérativement trouver des réponses adéquates et devenir meilleur. Là réside le défi principal.

Guy Parmelin, conseiller fédéral


26 février 2020


Investir dans la recherche et la formation : la fertilité des cerveaux s’entretient

En novembre dernier, j’ai remis le Prix scientifique suisse Marcel Benoist à Nicola Spaldin, une physicienne anglaise de l’EPFZ pour ses travaux sur les multiferroïques. En décembre, j’assistais à la cérémonie des prix Nobel qui honorait les deux astrophysiciens suisses Michel Mayor et Didier Queloz pour la découverte des premières exoplanètes.

Le même mois, CHEOPS, le premier satellite construit sous l’égide de la Suisse prenait son envol. Il permettra de mieux connaître les planètes révélées par nos deux lauréats du Nobel de physique. Tout ça sans même parler de tout ce qui se passe en médecine, en biologie, en informatique et dans les sciences humaines.

Depuis que j’ai pris la tête du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche, je ne passe pas une semaine sans m’émerveiller des prouesses scientifiques et techniques dont notre pays est capable. C’est peut-être un cliché, mais il vaut la peine d’être répété ici : le succès de notre pays ne s’explique que par la fertilité de nos cerveaux.

Cette fertilité s’entretient. Le Conseil fédéral propose aux Chambres d’investir 28 milliards de francs dans la formation, la recherche et l’innovation dans les 4 ans à venir (2021-2024). Ce sont 2 milliards de plus que lors de la période précédente. Cet argent permettra à notre économie de rester à la pointe de la technologie et de l’innovation.

En garantissant la durabilité de notre formation, tout particulièrement professionnelle, et en faisant en sorte aussi que près de 95 % de nos jeunes obtiennent un diplôme du secondaire II, cet investissement assure en outre que la grande majorité des habitants de notre pays trouvent une place dans une économie attractive et compétitive.

Formation, recherche et innovation sont les fondements de la réussite économique la Suisse. La Confédération, en collaboration avec les cantons et les autres partenaires, s’engage pour que cette « success story » se poursuive.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral


19 février 2020


La Suisse investit dans le futur de la planète

Le Conseil fédéral propose au Parlement d’augmenter la participation suisse aux institutions financières de coopération et de développement. La Suisse injectera un total de 297 millions de francs dans le groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.

Je suis convaincu que c’est un investissement judicieux, tant du point de vue économique qu’environnemental. L’impact du changement climatique est réel et observable pour tous. Les pays en développement sont particulièrement exposés à ces conséquences. Les pays du continent africain en particulier ne disposent souvent pas des ressources nécessaires pour adopter des politiques limitant les causes du changement climatique et répondant à ses conséquences.

Leurs systèmes économiques et agricoles, plus fragiles, sont aussi plus menacés. Leur éventuelle dégradation risque d’augmenter les pressions migratoires. Ceux-ci se répercuteront nécessairement sur notre continent, donc sur la Suisse.

Pour éviter tous ces effets négatifs, la Suisse soutient l’effort concerté de l’ensemble des pays membres du Groupe de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Ceux-ci ont en effet convenu de procéder à une augmentation de 13 milliards et de 7 milliards de dollars respectivement.

La lutte contre la pauvreté et le changement climatique sont au centre de cet effort. Avec sa contribution, la Suisse manifeste non seulement sa solidarité avec les bénéficiaires des crédits à venir, mais aussi avec l’ensemble des investisseurs. Cela renforce la position de notre pays comme partenaire fiable dans le système international.

Certains souhaiteraient rendre conditionnelle la contribution suisse en y attachant des exigences précises. Selon les règles en vigueur, ce n’est pas possible. Ces institutions financières sont libres de leurs décisions dans le cadre de leur mandat. Mais je suis personnellement gouverneur de la Banque mondiale et des autres institutions du groupe.

En cette qualité, je m’engage pour que les intérêts de la Suisse soient pris en compte. Nos représentants auprès de la Banque africaine de développement feront de même. Les investissements suisses au sein de ces instituts serviront donc les intérêts de notre pays en servant ceux de l’ensemble de la planète.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral


13 février 2020


La PA22+, une politique agricole respectueuse de l’environnement

Tous les quatre ans, le Conseil fédéral redessine la politique agricole de la Suisse. La Politique agricole 22+, qui couvrira les années 2022 à 2025, est placée sous le signe de la durabilité. Les messages de notre population au cours des dernières années ont été clairs : elle veut une agriculture respectueuse de l’environnement et des aliments sains. Elle l’a notamment signalé en faisant aboutir deux initiatives qui réclament moins de pesticides et une meilleure protection des eaux. Le peuple se prononcera sur ces textes.

Une commission du Conseil des États veut en outre rendre le plan d’action du Conseil fédéral contre les pesticides plus contraignant. Elle a récemment envoyé en consultation un texte dans ce sens. Le Conseil fédéral a d’ailleurs décidé de le soutenir. C’est une bonne chose.

Quels que soient les résultats de toutes ces initiatives, la PA 22+ apporte déjà des réponses à ces préoccupations en favorisant les bonnes pratiques. La nouvelle politique agricole remplit un mandat constitutionnel très clair. Elle contribue « à la conservation des ressources naturelles et à l’entretien du paysage rural », comme le prévoit l’article 104 de la Constitution. Elle encourage « au moyen de mesures incitatives (…) les formes d’exploitations particulièrement en accord avec la nature et respectueuses de l’environnement et des animaux ». Enfin, elle « protège l’environnement contre les atteintes liées à l’utilisation abusive d’engrais, de produits chimiques et d’autres matières auxiliaires ».

Bien sûr, nombreux seront ceux pour lesquels ce ne sera toujours pas suffisant. Mais nos agriculteurs devront déjà consentir à d’importants efforts pour pouvoir bénéficier des soutiens prévus par la PA 22+. Je suis pour ma part convaincu que leur engagement produira à moyen et à long terme des effets mesurables qui répondront aux préoccupations de notre population, tout en préservant la sécurité de l’approvisionnement de notre pays, une autre mission que notre Constitution nous assigne. En fin de compte, ce seront les consommateurs qui valideront le résultat en achetant – ou non – les produits durables de nos agriculteurs.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral

 


5 février 2020


Logement : pour une solution simple et rapide

La campagne sur l’initiative « Pour davantage de logements abordables », sur laquelle nous voterons le 9 février prochain, aura été brève. En fait, elle s’est résumée pour moi aux débats télévisés d’Infrarouge sur la RTS et d’Arena sur la SRF. Mais elle n’en a pas moins été intense. Lors de ces échanges, les partisans de l’initiative n’ont rien lâché.

Nous sommes certes d’accord sur un point : dans un grand nombre de centres urbains, des logements abordables pour les ménages plus modestes manquent. L’initiative ne permet cependant pas de résoudre ce problème. Elle est contraire à notre fédéralisme, perturbe certains mécanismes du marché et empêche une solution plus simple, plus efficace et mieux ciblée.

En voulant fixer un quota de 10 % de logements d’utilité publique sur l’ensemble du territoire, l’initiative ne tient pas compte des vrais besoins des communes et des villes. Elle va susciter la construction de logements d’utilité publique là où elle n’est pas forcément nécessaire, sans pour autant améliorer la situation dans les grands centres urbains.

Le droit de préemption communal et cantonal prévu par l’initiative va en outre décourager les investissements privés. Quel intérêt pour un investisseur de développer un projet pour un terrain si un droit de préemption public risque de le lui faire passer sous le nez ?

Enfin, si l’initiative devait être acceptée, sa mise en œuvre demanderait encore d’importants travaux législatifs. Ils prendront du temps et entraîneront sans doute une administration coûteuse.

La solution proposée par le Parlement est plus simple et plus rapide : injecter 250 millions de francs supplémentaires sur 10 ans dans le fonds de roulement pour l’octroi de prêts à taux préférentiel aux constructions et rénovations d’utilité publique.

Cela permettra de faire émerger rapidement de nouvelles offres ciblées sur le marché du logement grâce à des mécanismes éprouvés. Pour toutes ces raisons, la majorité du Parlement, le Conseil fédéral et moi-même, en tant que ministre du Logement, recommandons de voter non à l’initiative.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral


31 janvier 2020


Débattre, mais en connaissance de cause

Un blog ? Oui, un blog. La raison est simple : de temps en temps, je souhaite vous présenter brièvement mon action en tant que membre du Conseil fédéral et chef du DEFR. Dans ce rôle, je porte toute une série de chapeaux qui, dans d’autres pays, sont portés par une brochette de ministres. Je suis ministre de l’économie, de la formation et de la recherche, comme l’indique le nom complet de mon département.

Mais je suis aussi chargé de l’agriculture, du travail, du logement, du commerce extérieur, de l’innovation, des responsabilités qui constituent des portefeuilles ministériels à part entière dans la plupart des gouvernements du monde. Avec l’Office fédéral de l’approvisionnement économique, je dois en outre veiller à ce que notre pays puisse fonctionner même lorsqu’il traverse des passes difficiles qui menacent notre population ou notre économie.

Par le biais du CIVI, je suis aussi responsable du service civil. Enfin, je supervise une partie de notre action sociale. Le SECO exécute en effet certaines tâches liées à l’assurance chômage. Bref, le travail ne manque pas. J’aurai certainement le plaisir de vous préciser mes vues sur l’un ou l’autre dossier de mon ressort. Cela vous permettra de vous faire une idée plus précise sur ce qui nous occupe dans mon département.

Mais je souhaite aussi partager de temps à autre avec vous une réflexion, une idée, une observation. Cela vous permettra, je l’espère, de mieux comprendre ce qui me préoccupe et dans quel esprit j’agis dans ma fonction. La politique est toujours un exercice de haute voltige et je suis conscient que je prends un risque en voulant ainsi m’adresser à chacun de vous.

Mais je suis convaincu qu’en vous parlant de façon directe et sans intermédiaire, mes vues et intentions deviendront plus claires pour beaucoup d’entre vous. Même si vous ne les partagez pas toutes, vous saurez mieux ce qui motive mes choix. Cela permettra de débattre en connaissance de cause et faire avancer notre pays. Et cela, c’est ma motivation la plus importante.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral

Dernière modification 26.02.2021

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