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26. Février 2020


Investir dans la recherche et la formation : la fertilité des cerveaux s’entretient

En novembre dernier, j’ai remis le Prix scientifique suisse Marcel Benoist à Nicola Spaldin, une physicienne anglaise de l’EPFZ pour ses travaux sur les multiferroïques. En décembre, j’assistais à la cérémonie des prix Nobel qui honorait les deux astrophysiciens suisses Michel Mayor et Didier Queloz pour la découverte des premières exoplanètes.

Le même mois, CHEOPS, le premier satellite construit sous l’égide de la Suisse prenait son envol. Il permettra de mieux connaître les planètes révélées par nos deux lauréats du Nobel de physique. Tout ça sans même parler de tout ce qui se passe en médecine, en biologie, en informatique et dans les sciences humaines.

Depuis que j’ai pris la tête du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche, il ne se passe pas une semaine sans m’émerveiller des prouesses scientifiques et techniques dont notre pays est capable. C’est peut-être un cliché, mais il vaut la peine d’être répété ici : le succès de notre pays ne s’explique que par la fertilité de nos cerveaux.

Cette fertilité s’entretient. Le Conseil fédéral propose aux Chambres d’investir 28 milliards de francs dans la formation, la recherche et l’innovation dans les 4 ans à venir (2021-2024). Ce sont 2 milliards de plus que lors de la période précédente. Cet argent permettra à notre économie de rester à la pointe de la technologie et de l’innovation.

En garantissant la durabilité de notre formation, tout particulièrement professionnelle, et en faisant en sorte aussi que près de 95 % de nos jeunes obtiennent un diplôme du secondaire II, cet investissement assure en outre que la grande majorité des habitants de notre pays trouvent une place dans une économie attractive et compétitive.

Formation, recherche et innovation sont les fondements de la réussite économique la Suisse. La Confédération, en collaboration avec les cantons et les autres partenaires, s’engage pour que cette « success story » se poursuive.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral


19 février 2020


La Suisse investit dans le futur de la planète

Le Conseil fédéral propose au Parlement d’augmenter la participation suisse aux institutions financières de coopération et de développement. La Suisse injectera un total de 297 millions de francs dans le groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.

Je suis convaincu que c’est un investissement judicieux, tant du point de vue économique qu’environnemental. L’impact du changement climatique est réel et observable pour tous. Les pays en développement sont particulièrement exposés à ces conséquences. Les pays du continent africain en particulier ne disposent souvent pas des ressources nécessaires pour adopter des politiques limitant les causes du changement climatique et répondant à ses conséquences.

Leurs systèmes économiques et agricoles, plus fragiles, sont aussi plus menacés. Leur éventuelle dégradation risque d’augmenter les pressions migratoires. Ceux-ci se répercuteront nécessairement sur notre continent, donc sur la Suisse.

Pour éviter tous ces effets négatifs, la Suisse soutient l’effort concerté de l’ensemble des pays membres du Groupe de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Ceux-ci ont en effet convenu de procéder à une augmentation de 13 milliards et de 7 milliards de dollars respectivement.

La lutte contre la pauvreté et le changement climatique sont au centre de cet effort. Avec sa contribution, la Suisse manifeste non seulement sa solidarité avec les bénéficiaires des crédits à venir, mais aussi avec l’ensemble des investisseurs. Cela renforce la position de notre pays comme partenaire fiable dans le système international.

Certains souhaiteraient rendre conditionnelle la contribution suisse en y attachant des exigences précises. Selon les règles en vigueur, ce n’est pas possible. Ces institutions financières sont libres de leurs décisions dans le cadre de leur mandat. Mais je suis personnellement gouverneur de la Banque mondiale et des autres institutions du groupe.

En cette qualité, je m’engage pour que les intérêts de la Suisse soient pris en compte. Nos représentants auprès de la Banque africaine de développement feront de même. Les investissements suisses au sein de ces instituts serviront donc les intérêts de notre pays en servant ceux de l’ensemble de la planète.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral


13 février 2020


La PA22+, une politique agricole respectueuse de l’environnement

Tous les quatre ans, le Conseil fédéral redessine la politique agricole de la Suisse. La Politique agricole 22+, qui couvrira les années 2022 à 2025, est placée sous le signe de la durabilité. Les messages de notre population au cours des dernières années ont été clairs : elle veut une agriculture respectueuse de l’environnement et des aliments sains. Elle l’a notamment signalé en faisant aboutir deux initiatives qui réclament moins de pesticides et une meilleure protection des eaux. Le peuple se prononcera sur ces textes.

Une commission du Conseil des États veut en outre rendre le plan d’action du Conseil fédéral contre les pesticides plus contraignant. Elle a récemment envoyé en consultation un texte dans ce sens. Le Conseil fédéral a d’ailleurs décidé de le soutenir. C’est une bonne chose.

Quels que soient les résultats de toutes ces initiatives, la PA 22+ apporte déjà des réponses à ces préoccupations en favorisant les bonnes pratiques. La nouvelle politique agricole remplit un mandat constitutionnel très clair. Elle contribue « à la conservation des ressources naturelles et à l’entretien du paysage rural », comme le prévoit l’article 104 de la Constitution. Elle encourage « au moyen de mesures incitatives (…) les formes d’exploitations particulièrement en accord avec la nature et respectueuses de l’environnement et des animaux ». Enfin, elle « protège l’environnement contre les atteintes liées à l’utilisation abusive d’engrais, de produits chimiques et d’autres matières auxiliaires ».

Bien sûr, nombreux seront ceux pour lesquels ce ne sera toujours pas suffisant. Mais nos agriculteurs devront déjà consentir à d’importants efforts pour pouvoir bénéficier des soutiens prévus par la PA 22+. Je suis pour ma part convaincu que leur engagement produira à moyen et à long terme des effets mesurables qui répondront aux préoccupations de notre population, tout en préservant la sécurité de l’approvisionnement de notre pays, une autre mission que notre Constitution nous assigne. En fin de compte, ce seront les consommateurs qui valideront le résultat en achetant – ou non – les produits durables de nos agriculteurs.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral

 


5 février 2020


Logement : pour une solution simple et rapide

La campagne sur l’initiative « Pour davantage de logements abordables », sur laquelle nous voterons le 9 février prochain, aura été brève. En fait, elle s’est résumée pour moi aux débats télévisés d’Infrarouge sur la RTS et d’Arena sur la SRF. Mais elle n’en a pas moins été intense. Lors de ces échanges, les partisans de l’initiative n’ont rien lâché.

Nous sommes certes d’accord sur un point : dans un grand nombre de centres urbains, des logements abordables pour les ménages plus modestes manquent. L’initiative ne permet cependant pas de résoudre ce problème. Elle est contraire à notre fédéralisme, perturbe certains mécanismes du marché et empêche une solution plus simple, plus efficace et mieux ciblée.

En voulant fixer un quota de 10 % de logements d’utilité publique sur l’ensemble du territoire, l’initiative ne tient pas compte des vrais besoins des communes et des villes. Elle va susciter la construction de logements d’utilité publique là où elle n’est pas forcément nécessaire, sans pour autant améliorer la situation dans les grands centres urbains.

Le droit de préemption communal et cantonal prévu par l’initiative va en outre décourager les investissements privés. Quel intérêt pour un investisseur de développer un projet pour un terrain si un droit de préemption public risque de le lui faire passer sous le nez ?

Enfin, si l’initiative devait être acceptée, sa mise en œuvre demanderait encore d’importants travaux législatifs. Ils prendront du temps et entraîneront sans doute une administration coûteuse.

La solution proposée par le Parlement est plus simple et plus rapide : injecter 250 millions de francs supplémentaires sur 10 ans dans le fonds de roulement pour l’octroi de prêts à taux préférentiel aux constructions et rénovations d’utilité publique.

Cela permettra de faire émerger rapidement de nouvelles offres ciblées sur le marché du logement grâce à des mécanismes éprouvés. Pour toutes ces raisons, la majorité du Parlement, le Conseil fédéral et moi-même, en tant que ministre du Logement, recommandons de voter non à l’initiative.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral


31 janvier 2020


Débattre, mais en connaissance de cause

Un blog ? Oui, un blog. La raison est simple : de temps en temps, je souhaite vous présenter brièvement mon action en tant que membre du Conseil fédéral et chef du DEFR. Dans ce rôle, je porte toute une série de chapeaux qui, dans d’autres pays, sont portés par une brochette de ministres. Je suis ministre de l’économie, de la formation et de la recherche, comme l’indique le nom complet de mon département.

Mais je suis aussi chargé de l’agriculture, du travail, du logement, du commerce extérieur, de l’innovation, des responsabilités qui constituent des portefeuilles ministériels à part entière dans la plupart des gouvernements du monde. Avec l’Office fédéral de l’approvisionnement économique, je dois en outre veiller à ce que notre pays puisse fonctionner même lorsqu’il traverse des passes difficiles qui menacent notre population ou notre économie.

Par le biais du CIVI, je suis aussi responsable du service civil. Enfin, je supervise une partie de notre action sociale. Le SECO exécute en effet certaines tâches liées à l’assurance chômage. Bref, le travail ne manque pas. J’aurai certainement le plaisir de vous préciser mes vues sur l’un ou l’autre dossier de mon ressort. Cela vous permettra de vous faire une idée plus précise sur ce qui nous occupe dans mon département.

Mais je souhaite aussi partager de temps à autre avec vous une réflexion, une idée, une observation. Cela vous permettra, je l’espère, de mieux comprendre ce qui me préoccupe et dans quel esprit j’agis dans ma fonction. La politique est toujours un exercice de haute voltige et je suis conscient que je prends un risque en voulant ainsi m’adresser à chacun de vous.

Mais je suis convaincu qu’en vous parlant de façon directe et sans intermédiaire, mes vues et intentions deviendront plus claires pour beaucoup d’entre vous. Même si vous ne les partagez pas toutes, vous saurez mieux ce qui motive mes choix. Cela permettra de débattre en connaissance de cause et faire avancer notre pays. Et cela, c’est ma motivation la plus importante.

Guy Parmelin, Conseiller fédéral

Dernière modification 27.02.2020

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